Vraies

Je ne voulais ni avorter, ni le garder

1 Sep , 2015  

Bonjour les filles,

Aujourd’hui je suis venue vous raconter mon histoire. C’était il y 3 mois. J’étais en couple avec mon copain depuis deux ans et demi, je venais de m’installer avec lui car je commençais des études supérieures dans le Sud. Tout se passait bien, j’avais des petits problèmes d’adaptation mais rien de grave.
une fille avorte

Le 8 novembre 2014, j’ai appris que j’étais enceinte d’un mois. Depuis ce jour-là, ma vie a changé. J’ai changé. Je ne suis plus retournée en cours. J’ai commencé à déprimer, je passais mes journées sur le canapé et je ne voulais rien faire, rien manger. J’ai donc commencé à écrire tout ce que je ressentais car je pensais que personne ne pouvait me comprendre. Mon copain voulait le garder, pas moi. Je ne pouvais pas avoir un enfant à mon âge, ni dans les conditions dans lesquelles je vivais, avec des problèmes d’argent et tout ça.

Je ne voulais ni avorter, ni le garder.

Il est parti le 28 novembre 2014.

Je l’ai très mal vécu, je n’ai pas eu le temps de lui dire au revoir. Je me souviens que les infirmières ont mis une musique pour me remonter le moral car je pleurais et puis plus rien. Un grand silence, un silence de mort.

À mon réveil, il n’était plus là. J’étais faible car je sortais d’une anesthésie générale. J’ai touché mon ventre et j’ai pleuré, j’avais un bandage sur le bas de mon ventre.

Mon copain n’a pas souhaité assister à l’opération, ni m’attendre dans la chambre. C’était son choix, je l’ai respecté. Moi aussi je préférais vivre cette épreuve seule. Il est venu un peu plus tard pour me chercher car je sortais le soir-même ; il m’a offert des bottes et un pain au chocolat car je mourrais de faim.

Dès que les infirmières me l’ont permis je suis partie. J’ai laissé la chambre vide, remplie de douleur. Les femmes de ménage allaient la nettoyer comme si je n’étais jamais venue, comme si rien ne s’était passé. Je crois que c’est ça qui m’a fait le plus mal : voir que la vie continuait.

J’ai mis du temps à m’en remettre ; je ne m’en suis toujours pas remise d’ailleurs.

J’étais trop déprimée, je ne voulais plus retourner en cours. Mais j’ai ouvert les yeux, je ne voulais pas avoir fait ça pour rien. Je suis retournée en cours trois jours après. Bien évidemment tous mes camarades de classe m’ont posé plein de questions auxquelles je ne savais pas quoi répondre. J’avais décidé de ne le dire à personne, excepté mon professeur principal.

Pour ce qui est des cours, les professeurs n’ont jamais su la raison exacte de mon absence. Ils ont juste su que j’avais été hospitalisée. Ils m’ont aidée pour que je me remette à niveau. Aujourd’hui, je me remets encore peu à peu psychologiquement. J’écris un livre actuellement sur le sujet où je raconte plus en détails.

Je tiens à ne pas être jugée. Je témoigne pour vous prévenir de faire attention !

Aucune femme ne devrait vivre cette épreuve ! Je ne vous ai pas tout raconté en détail car ce serait trop long mais je tiens à dire que j’ai croisé des médecins qui m’ont jugée, mal parlé car je faisais une IVG. Cela me révolte car je ne pense pas que quelqu’un d’autre que la personne concernée puisse juger !

Ne restez pas seule, ne faites pas comme moi ! Parlez-en à votre entourage ou aux personnes qui sont là pour vous aider.

J’espère que ce témoignage vous aura aidé !

Bisous les filles.

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