les premiers hommes: d'ou vient donc les africains?

Peuple

Questionnement : Qui sommes-nous, Africains ?

21 Juil , 2016  

Il n’y a pas d’identité africaine ferme. L’africanité est une modalité possible de l’humanité. Fragile synthèse d’expériences et d’histoires uniques et communes. L’Africain est un humain, et rien de ce qui est humain ne lui est étranger. Nous, Africains, sommes des êtres vivants ayant acquis, comme les autres peuplades anthropomorphes de la planète, la forme humaine dans le cadre d’une gigantesque et mystérieuse dynamique du cosmos. En tant qu’êtres humains, nous émergeons de la longue histoire de la grande nature, que certains nomment Nature avec une lettre N majuscule, et d’autres Dieu. Appelons cette transcendance comme nous voulons, cela importe peu en fait. Une évidence persistera par-delà tous les doutes légitimes. Nous ne nous sommes pas créés en une pichenette magique.

Nous sommes les héritiers du grand mystère de la vie. Ne pas s’efforcer d’en prendre conscience, c’est renoncer à être des humains véritables. Devenir prisonniers d’un certain « orgueil luciférien de la raison », c’est tomber dans l’illusion d’une histoire de l’homme qui ne serait que celle de la science et de la technique, et qui idolâtrerait l’histoire de l’action de l’homme sur le monde extérieur. Il y en a une autre, complément nécessaire de celle-là : c’est l’histoire intérieure de la quête de sens, dont nous parle si bien Amadou Hampâté Ba quand il écrit la chose suivante : « Tant que l’homme n’a pas ordonné les mondes, les forces et les personnes qui sont en lui, il est le Maa-nin », c’est-à-dire une sorte d’homoncule, l’homme ordinaire, l’homme non réalisé.

L’état de barbarie, d’ensauvagement, de corruption et de stagnation dans lequel se trouvent de nombreuses sociétés africaines contemporaines s’en trouve dès lors éclairé. Elles sont majoritairement peuplées d’homoncules, et non d’êtres humains réalisés. Puisque la haine de l’intelligence, de l’effort, du travail, du mérite, de la justice et du bien commun ne peut prospérer que dans l’ignorance et la non-maîtrise de soi. Car cet héritage caché de la conscience humaine est le fondement de toute vie individuelle ou collective sensée et féconde.
Peu importe que nous soyons croyants ou athées, agnostiques, déistes, animistes ou théistes, il s’imposera à nous une évidence : les étoiles, les planètes, les plantes, les animaux, et parmi ceux-ci, le super-animal humain ne se sont pas créés spontanément eux-mêmes.

Ils doivent leur existence actuelle à un très long processus, dont les fondements demeurent amplement cachés aux plus surdouées des intelligences individuelles ou collectives aujourd’hui connues sur la terre.  Les humains, en particulier, membres du grand ensemble animal  mot qui dérive du latin anima/animus qui veut dire « âme »- sont porteurs d’énergies physiques et psychiques puissantes, issues de la longue histoire de l’évolution naturelle et socioculturelle de l’espèce humaine. On peut appeler création, cette évolution naturelle et socioculturelle, si l’on veut, cela ne change rien à l’affaire.

Nous sommes porteurs d’un corps et d’une psyché, dont les potentiels sont encore largement sous-développés en ce 21ème siècle global. Or être humain, c’est être en mesure de faire quelque chose des instincts puissants que la Nature nous a transmis, de manière constructive comme de manière négative.
Le choix de l’orientation de ces forces est précisément l’affaire des politiques de civilisation. Comprend-on à quel point la politique, sphère de l’action collective par excellence, ne peut être abandonnée sans tragédie à des personnes inaccomplies en elles-mêmes ? L’humain s’affirme en transformant le monde extérieur, en fonction de sa capacité de transformation de son monde intérieur.

L’humain se démoniste, se transforme en monstruosité quand il laisse  par manque d’éducation spirituelle adéquate les forces de sa nature intérieure agir de façon chaotique. Il est alors frappé de ce que Carl Gustave Jung appelait si justement le  syndrome de dissociation, entre son être extérieur et son être intérieur.
L’humain qui n’a pas travaillé sur son ombre intérieure, sur son inconscient puissant, est un danger pour lui-même, pour ses contemporains et pour les générations futures. L’action extérieure de l’humain sans intériorité élaborée reflète alors ce désordre intérieur : la luxure, la rapine, la cupidité, le désir d’opprimer, de tuer, d’exterminer ses semblables, de posséder les choses matérielles de façon disproportionnée, tels sont entre autres signes, les preuves du désordre intérieur de l’humain.

Du coup, nous Africains, ne sommes que le reflet vivant de notre culture, c’est-à-dire le reflet de notre double éducation intérieure et extérieure. Une certaine passion pour le développement, pour la transformation matérielle de l’espace africain, ne peut dès lors porter du fruit, dans tous les grands Etats africains contemporains, et dans le monde inter africain, que si elle s’inspire d’une grande civilisation de l’intériorité. Pour tout dire, l’éducation intérieure et extérieure de l’homme est la condition de possibilité d’une humanité africaine forte, prospère et bienveillante.

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