Carte ancestrale de l’Afrique

Peuple

Civilisation africaine : Notre histoire, notre peuple et notre avenir ?

30 Juin , 2016  

La conscience originelle de l’Afrique se livre comme expérience d’une diversité humaine partagée d’espaces, d’histoires et de cultures. Individuellement et collectivement, les hommes, les femmes et les enfants du continent noir sont en ce sens une partie à part entière de l’humanité globale. L’Afrique, c’est d’abord une géographie en même temps une histoire étroitement partagée, depuis plusieurs siècles, par des peuples et des individualités culturelles typiques.
L’Afrique est un conglomérat de sociétés diverses et comparables, liées et séparées tout à la fois par l’interdépendance de leurs espaces, de leurs besoins, la rivalité de leurs désirs et de leurs projets; les convergences et divergences historiques qui les lient et les délient réciproquement.

Les grands événements de la mémoire de soi des Africains sont la grande civilisation négro-égyptienne du troisième millénaire avant notre ère au IIème siècle avant Jésus-Christ, les grands empires ouest-africains et d’Afrique australe, dans les périodes du moyen-âge jusqu’aux confins du 19ème siècle ; le traumatisme de la Traite des Noirs dès le 15ème siècle ; la barbarie coloniale et impériale, dès le 18ème siècle et jusqu’au 20ème ; l’aventure ambiguë de l’existence postcoloniale de l’État africain et des institutions continentales africaines, du 20ème au 21ème siècles actuels.
Que nous apprennent ces grandes périodes de l’histoire collective des Africains ? Que la terre d’Afrique n’a accueilli la grandeur humaine que quand des sociétés qui accordaient du prix à l’intériorité humaine y ont prospéré.  Trois tendances peuvent expliquer cela.

D’abord qu’il y a un passé multiséculaire africain, riche de victoires et de défaites sur tous les plans, à réintroduire dans les études classiques des jeunes africains, objectivement et de façon critique, comme l’ont notamment montré  Cheikh Anta Diop,  Fabien Eboussi Boulaga ou Jean-Marc Elas. Ce passé n’est ni à glorifier, ni à blâmer. Il est à comprendre, à assimiler, à méditer. Inscrire la conscience de soi africaine dans la mémoire longue de l’Antiquité, voire de la Préhistoire, n’a pas pour but d’instaurer un nouveau culte des gloires passées, mais d’enraciner la conscience africaine actuelle dans un élan profond par-delà et à travers les grands traumatismes des siècles récents, afin de mieux penser les ruptures, les détours et les rebonds dont nous avons besoin pour construire avec recul et spontanéité, les cités bienveillantes aujourd’hui mais aussi les forteresses culturelles de demain.

Ensuite, ces grandes périodes de l’Histoire Africaine nous apprennent que les échecs internes et internationales des peuples africains à faire face aux assauts d’inhumanité qui les ont traumatisés (Traite, Colonisation, Despotisme postcolonial et peut être maintenant des partenariat ambiguë), sont des échos extérieurs de profonds échecs intérieures, dans la construction humaine des individualités africaines elles-mêmes, par la connaissance initiatique de soi et d’autrui, d’une part, et la connaissance technique et opérationnelle de la nature d’autre part. Tout déséquilibre, toute disharmonie entre ces deux pôles se paie en échecs tragiques. Il y a eu, à travers les sociétés africaines de ces six derniers siècles, quelque chose de raté dans l’homme intérieur qui peut nous permettre de comprendre, comme pour l’espèce humaine en général, ce qui a été la source des ravages extérieurs de l’humanité.

Enfin, il me semble très évident que c’est en reprenant convenablement le projet d’être humain, en ce 21ème siècle que l’Afrique peut offrir au monde une nouvelle donne, dans la dynamique de l’humanité globale.

 

 

 

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