Denis Sassou N'Guesso, lavement des mains

Pays,République du Congo

10-Juin-1991 au 10-Juin-2016 : 25 ans après la conférence nationale souveraine du Congo Brazzaville

10 Juin , 2016  

La conférence nationale souveraine s’est tenue du 25 février au 10 juin 1991 à Brazzaville sous le régime du président Denis Sassou N’Guesso. Cette conférence avait pour enjeu majeur redéfinir les valeurs fondamentales de la Nation congolaise et de créer les conditions d’un consensus national, en vue de l’instauration d’un Etat de droit et d’une démocratie pluraliste. Elle fut finalement l’objet des enjeux de conquête du pouvoir. Les Congolais étaient passés à côtés de l’objectif de cette conférence. Depuis cette conférence à aujourd’hui, le raisonnement des congolais poussent à se poser la question de savoir à quoi avait servi cette conférence ?

La conférence national souveraine avait mis en reliefs le rôle joué par les acteurs sociaux, notamment : société civile, armée, confessions religieuses, syndicats de travailleurs. le consensus avait été loupé lorsqu’il s’agissait de dénoncer les dirigeants ayant commis des crimes économiques et politiques. Au lieu d’apporter de solutions aux problèmes qui minaient le pays, la conférence nationale souveraine en avait ajouté d’autres. Comme le souligne Jean-Claude Gakosso dans son ouvrage intitulé ’’La Nouvelle presse congolaise : Du goulag à l’agora’’, «la conférence nationale exhuma d’anciennes rivalités tandis que de lointaines rancœurs trouvèrent à s’extérioriser avec silence ». Chacun se défoula sur l’autre et laissa libre cours aux attaques les plus impitoyables, aucun sujet ne fuit épargné, même pas l’intimité conjugale.

Pendant que certains orateurs crurent séparer le bon grain de la dispute, d’autres qui avaient été au pouvoir, avec l’aggravante circonstance d’être originaires du Nord, étaient forcement des complices du démon. Ceux qui revendiquaient ce pouvoir et qui étaient en train de le récupérer là, précisément au Palais des Congrès, avec le bonheur providentiel d’être originaire du Sud, étaient de dignes fils du pays. Face à la nation, ces derniers s’approprièrent le privilège du cœur et se proclamèrent chantres de la prospérité de l’Etat. Les règlements de comptes furent légion. Ils opposèrent d’une part, partisans et adversaires et, d’autre part, partisans entre eux.

Durant cette conférence, tous les conférenciers se proclamèrent avoir les mains propres. Seul un homme en la personne de Dénis Sassou N’Guesso avait eu le courage de reconnaître ses fautes et rappelé que « les tranches douloureuses, tragiques de notre histoire récente ont été longuement évoquées. Beaucoup de fils de ce pays ont péri, victimes des affrontements propres aux systèmes que nous avons connus. Certains ont payé de leur sang nos erreurs, d’autres ont succombé pour avoir pris des armes contre la République. Lorsqu’il s’en va laver les mains, il invite du doigt Yombi Opangault de le suivre, symbolisant la paix. Certains de ces épisodes demeurés obscurs, ont fait l’objet de témoignages publics qui donnent un éclairage neuf. D’autres ont fait l’objet de procès que seuls des éléments nouveaux pourraient remettre en question».

Denis Sassou N’Guesso qui s’était abstenu d’accuser qui que ce soit indiquait que «l’avenir de la démocratie dans le monde, en Afrique et au Congo appartient non pas à ceux qui prétendent être innocents, purs et sans taches, mais à ceux qui sauront se convertir à cette nouvelle exigence». Il appelait les Congolais à garder et à consolider ce qui était porteur des ferments d’unité nationale, de paix et de patriotisme ; à s’éloigner du spectre de la division, de la haine, de l’apologie des tribus qui incite à les opposer les unes des autres.

Les événements atroces que le pays a connus après cette conférence et le comportement de certains compatriotes aujourd’hui est la preuve que les Congolais n’avaient pas compris le message du Président Denis Sassou N’Guesso car la classe politique congolaise est attiré par les besoins de l’estomac, cette conférence n’a rien apporter au peuple. Seule les politiques s’en réjouis aujourd’hui

Quelques actes adoptés à cette conférence furent :

  • La restauration de l’inspection générale administrative et financière ;
  • La définition des critères de désignation des cadres dirigeants politique administratifs (technicité et compétence, expérience, probité morale, conscience professionnelle, sens élevé du devoir national…) ;
  • Les modalités de recrutement dans les différents secteurs d’activités publics et parapublics. Cet acte de la conférence précise à l’article 1er : Les recrutements dans les diverses branches socioprofessionnelles des secteurs publics et parapublics, sont désormais conditionnés par la réussite aux concours ou toute autre forme de sélection officielle organisée à cet effet. Tout recrutement doit faire l’objet d’un avis de concours ou de sélection.

 

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