Solitude d'une africaine

Lu Pour Vous

Juste que l’on m’aime moi tel que je suis – solitude d’une africaine

5 Mar , 2016  

Cette histoire nous emmène en plein  centre de l’Afrique, au Gabon…. Elle a 29ans, célibataire 1m 70, 100kg, teint clair, nous raconte son  histoire….

J’éprouve un sentiment de solitude qui me brûle intérieurement et qui m’empêche de m’épanouir complètement. Il m’empêche aussi et surtout de séduire. Petite, j’ai subi beaucoup de remarques, moqueries et réflexions blessantes de mes parents en grande partie sur mon poids. Ils n’avaient que faire de ce que je disais. C’est à peine s’ils m’écoutaient.
Ma mère a toujours paru stressée, angoissée. Je me souviens de ses colères, de son insatisfaction constante. Ses critiques n’ont épargné personne, moi encore moins. J’ai eu droit à toutes les humiliations.
Mon père, lui est plutôt solitaire et toujours absent. Je pense que mes parents ne se sont jamais vraiment aimés. Il régnait une tension permanente à la maison. Je me souviens que mon père nous achetait, à mes frères et moi, des tonnes de jouets, mais paradoxalement, il ne nous a jamais montré une réelle affection. Chose que je ne comprendrai jamais, car il me semble qu’un parent ne peut éprouver que de l’attachement pour son enfant. Mon histoire personnelle fait donc que j’ai toujours éprouvé un sentiment de solitude.

 

Aujourd’hui, je suis technicienne en communication visuelle. Si ma souffrance m’aide à créer, elle m’empêche de vivre. J’ai des amis et les gens sont bienveillants avec moi, mais je ne me confie pas à eux. J’ai un peu la sensation de ne pas en être digne. Heureusement, cette douleur n’est pas quotidienne, parfois je m’épanouis et j’ai le sentiment de revivre, mais quand elle revient, c’est une douleur immense qui me submerge et j’ai besoin de m’isoler. Je lutte avec ce sentiment qui est toujours en moi, qui me brûle encore et qui j’espère disparaîtra un jour, mais quand ? Comment ? Sentimentalement, c’est difficile et j’en souffre.

J’ai souvent des remarques du genre : « Tu es trop… Tu n’es pas assez… Ta manière de parler, ton esprit,… Tout ça, ça fait peur aux hommes ! ». Du haut de mes 1,70 m pour 100kilos et d’aussi loin qu’a débuté ma vie, c’est-à-dire il y a presque maintenant 29 ans, j’ai toujours été considérée comme une sorte d’extra-terrestre, une forme géométrique inconnue : ni un rond, ni un carré, ni un triangle qui ne trouve pas l’autre « l’égal » qui lui correspond…

 

Suis-je donc condamnée au célibat à perpétuité ? Cendrillon a cassé sa pantoufle de verre et aucun prince charmant ne viendra la lui apporter ! Il paraît qu’il fallait que je change, que je sois « moins » pour que l’on m’aime enfin… Et là aujourd’hui, j’ai craqué. J’ai hurlé que je voulais enfin que l’on m’aime moi, telle que je suis, avec mon esprit, mon poids, ma quête de profondeur, ma façon de parler, bref tout ce qui fait que je sois moi… Et pourtant, je me dis que si j’étais une autre, un homme m’aimerait peut-être enfin !
Mais si je suis aimée d’un homme et que je ne suis plus moi, je ne serai donc personne ! Quel dilemme.

 

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